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Archives pour Janvier 2008

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Quittez internet Bell Sympatico!!

2008/01/17 @ 18:24

Pourquoi? Parce que c’est plus cher, moins performant et plus limité que teksavvy.com.

Comment? Mon contrat d’un an se terminait aujourd’hui. La semaine dernière j’ai placé un appel exploratoire à Bell. Leur offre exceptionnelle? 35$ par mois pour 30Go, 45$ par mois pour 60Go ou 60$ par mois pour illimité. Le garçon m’affirmait que pour quitter Bell, il fallait appeler la journée où le contrat se termine. Très bien. Je m’abonne, décidé, à Teksavvy, j’achète le modem (100$) et les filtres (5$ l’unité). Le tout m’a été livré vendredi dernier. Je débranche tout le stock de Bell, entre mon utilisateur/mot de passe Teksavvy et me voici connecté sur mon nouveau compte. Aujourd’hui, j’appelle Bell, demande à cesser l’abonnement, demande un numéro d’annulation. Je communique ce numéro à Teksavvy et VOILÀ.

J’ai remarqué que je téléchargeais à 500 kb/s, plutôt que les 300 auxquels Bell m’avait habitué. Et je paie 30$ par mois, SANS CONTRAT, pour 200Go.

À posteriori, je constate que j’aurais peut-être pu m’en tirer sans acheter de modem et de filtres, le garçon de Bell ne m’a pas donné d’instructions en ce qui concerne le matériel loué par Bell. À suivre.

Quittez Bell.

Maintenant!


Quand maman Dion perd la boule… Magik

2008/01/10 @ 10:34

Le DEVOIR, 8 décembre 2007.
http://www.ledevoir.com/2007/12/08/167711.html

«Si ça existait, on l’aurait.» Au cours des dernières années, une célèbre chaîne de quincailleries a fait mouche dans le monde de la publicité en vantant les mérites de produits révolutionnaires trop beaux pour être vrais. Il y a eu le Tan Fan pour bronzer sous un ventilateur de plafond. Il y a eu l’échelle dépliante automatique, la prise électrique amovible baptisée Magik Plug, à coller contre un tronc d’arbre pour avoir du courant en camping, ou encore la peinture couleur… miroir pour avoir des miroirs chez soi d’un seul coup de pinceau.

Farfelus à souhait, ces messages ne sont pas passés inaperçus. Ils semblent aussi avoir été pris très au sérieux par certains fabricants d’objets inutiles, comme en témoigne l’apparition sur le marché, depuis quelques mois, de la boule Magik, une invention si parfaite et si pratique pour faire la lessive qu’elle force évidemment le scepticisme.

Difficile d’en être autrement: vendue le plus sérieusement du monde pour 60 $, cette boule est présentée comme une «innovation scientifique testée et approuvée» qui promet le lavage «écologique» des vêtements, avec de «grandes économies», la «fin des résidus de savon» et la protection «des couleurs», tout ça en faisant «le lavage sans détergent». Thérèse Dion, la mère de Céliiiiine, porte d’ailleurs fièrement la bonne nouvelle — et le miracle qui l’accompagne — par l’entremise d’une campagne télévisée débordante de sincérité et de bons sentiments.

Le secret se trouve dans la céramique

Pause technique: cette boule magique se résume à une sphère de plastique blanc trouée qui contient des dizaines de petites billes de céramique. Assez rudimentaire, cette sphère, selon l’entreprise FabMark qui la commercialise, est toutefois à la base d’une petite révolution puisqu’elle «émet des ions négatifs qui amollissent les tissus et réduisent l’adhésion entre les fibres de façon à ce que les saletés lâchent plus facilement sans l’usage de détergent». Pas de doute, le Québec au grand complet peut désormais se lever pour faire la vague!

Et pour cause: après des années de recherche et développement dans le domaine de la lessive, une industrie hautement lucrative où les cerveaux ne manquent pas, il est amusant de constater que le secret d’un lavage parfait se trouvait finalement à des années-lumière des formules complexes de détergents. Il se cachait plutôt dans les ions négatifs émis par des billes de céramique, un matériau que l’être humain a devant le nez depuis des lunes mais qu’il n’a pas eu l’idée géniale d’utiliser, du moins avant 2007, pour faire sa lessive.

Une époque formidable

Le consommateur cynique serait tenté de dire qu’«on vit une époque formidable». Et, pour couper court à son sarcasme, FabMark propose sur son site Internet des preuves irréfutables pour étayer la crédibilité de son produit.

La première? Un document d’une page signé par un certain Jean-Pierre Motoko Kwete, titulaire d’un doctorat en science physique de l’Université de Gand, en Belgique. Il est aussi maître de conférence à l’Université de Kinshasa, en République démocratique du Congo.

En substance, cet universitaire décrit le principe physique de la boule à l’aide d’un résumé simple: «Ces céramiques sont des matériaux solides constitués de deux bandes, une bande de valence et une bande de conduction.» On fait aussi état de deux formules chimiques où se mélangent eau, électrons ainsi qu’ions positifs et ions négatifs.

Or des bases minimales en physique et en chimie permettent toutefois de constater que le principe décrit est un truisme aussi percutant que le fait de dire qu’une feuille de papier d’aluminium a deux faces: une brillante et une presque matte. Quant aux formules chimiques, elles sont incomplètes.

Comme si ce n’était pas assez, le fabricant arrive également avec un certificat d’étude bactériologique effectuée en 2001 par l’Institut des matériaux de construction de… Séoul, en Corée du Sud. Cette étude indique que 99,5 % des bactéries ont disparu en 24 heures grâce à la boule Magik. Où ces bactéries se trouvaient-elles donc? Sur la boule? Sur le linge? Dans le frigo du technicien? Dans ses cheveux? Impossible de le savoir puisque le document présenté ne parle même pas de lavage de linge, se contentant de donner un numéro, KICM-FIR-1003, pour désigner le test effectué.

Une recette incontournable

Ces vides argumentaires sont d’ailleurs bien compréhensibles. En effet, la vie est ainsi faite: pour nettoyer du linge, l’eau et le détergent sont en définitive incontournables.

Explications: par effet d’abrasion, l’eau s’attaque aux liaisons chimiques et électrostatiques qui permettent aux molécules de saleté de s’accrocher sur un tissu et, ce faisant, dissout cette saleté. Mais cela ne suffit pas: pour un linge plus propre, cette saleté ne doit pas se redéposer sur le tissu, comme le répètent depuis des années les marchands de savon dans des pubs souvent mièvres. Pour cela, la présence des vilains phosphates est presque obligatoire puisqu’ils capturent le «sale» et l’attirent vers l’eau plutôt que vers la fibre des vêtements.

Sans cette délicate chimie du lave-linge et donc sans savon, le lavage à l’eau peut effectivement être efficace… sur des vêtements pas trop sales. La propriété nettoyante de l’eau n’est plus à démontrer. Tout comme d’ailleurs son incapacité à venir à bout des tâches de moutarde ou des cernes de «d’sous d’bras».

Dans ce contexte, un lavage à l’eau avec une boule magique revient donc, quoi qu’en disent le fabricant et la prêtresse du pâté devenue porte-parole d’une solution miracle, à faire un lavage à l’eau, avec les résultats peu glorieux auxquels on doit s’attendre. Espérer mieux relève certainement de la pensée magique qui, effectivement, tient très bien dans une boule, un format pratique pour être facilement attrapé au vol par les crédules.

conso@ledevoir.com


Coup d’envoi du 400e de Québec: un ratage historique

2008/01/04 @ 8:21

Le DEVOIR, 3 janvier 2008.

Québec - Le soir du 31 décembre, près de 50 000 personnes se sont déplacées à la place d’Youville avec l’envie de donner une chance aux Fêtes de 2008. En raison du manque d’espace, la grande majorité d’entre eux n’auront presque rien vu et entendu de ce coup d’envoi supposé historique. Mais étaient-ils les plus à plaindre?

Longtemps avant le début du spectacle, le site débordait. À la limite de la bousculade, les gens tentaient tant bien que mal d’entrevoir les écrans géants installés devant le Parlement.

Les premiers arrivés étaient coincés dans une foule compacte, sans voies de sortie. Tous se posaient la même question: pourquoi ne pas avoir choisi un emplacement assez vaste pour accueillir tout le monde? Après tout, quand on invite, on s’arrange pour faire de la place…

De toute façon, le spectacle n’avait pas été conçu pour eux, mais pour la télévision. On voulait montrer le Québec «carte postale» avec en prime une belle grosse foule. Et c’est d’ailleurs une des rares réussites de cette vaste et pathétique entreprise.

Des duchesses, des squelettes et un «latin lover»

En guise d’introduction, on a vu apparaître sur les écrans une brochette de vedettes (Nicolas Ciccone, Marie Plourde, Pierre Lapointe, Véronique Cloutier, Kevin Parent…) souhaitant bonne fête à «la belle ville de Québec», comme s’il ne s’agissait que d’un simple anniversaire municipal. Le ton était donné: exit la profondeur historique de l’événement.

Puis le spectacle a commencé avec un grand «reel» interprété par les Batinses, la Bottine souriante et 200 «tapeux de pieds». Une performance qui n’avait rien d’original, mais dont le caractère énergique et festif servait bien l’occasion. Or cette entrée en matière plutôt réussie a été vite éclipsée par une déconcertante succession de numéros tous plus kitsch les uns que les autres.

Affublées de ridicules costumes de duchesses du carnaval, les chanteuses Claire Pelletier, Jessica Vigneault et Florence K sont venues gaspiller leur talent dans un insignifiant medley. Mais ce n’était rien en comparaison avec ce qui allait suivre: un rap navrant sur les «saints» des rues de Québec, interprété notamment par un ancien de Star Académie (misère!). Aucun propos, du vent, du bruit et une scandaleuse impression de vacuité. Il y a eu aussi cette déroutante chorégraphie de squelettes évoquant visiblement la «fête des morts» au Mexique (cherchez le rapport, le Sommet des Amériques peut-être?).

Autre idée pour le moins étrange, on nous balance l’humoriste Stéphane Rousseau dans un personnage convenu de «latin lover» roucoulant sur les belles femmes de Québec qu’il compte cueillir dans les chambres d’hôtel (misère, bis!). Et que dire de ces cow-boys sexy qui dansaient la salsa avec des demoiselles au look mariant Folies Bergères et coureurs des bois? Une belle revue de casino ratée.

Seul Bruno Pelletier a vu sa voix mise en valeur dans une nouvelle chanson sur Québec dont le texte ne passera pas à l’histoire. À la télévision, les images des Violons du Roy en arrière-plan impressionnaient. Or leur rôle s’est malheureusement limité à celui de fond musical.

Et tout au long du spectacle, cette impression d’enthousiasme forcé, de sourires gelés face à une foule perplexe et mal à l’aise. Et ce, sans animation, sans propos et avec pour seul fil conducteur l’omniprésence de clichés sur la ville de Québec.

Au lendemain du grand décompte, dans les rues de Québec comme sur les blogues, les gens affichaient une sorte d’incompréhension teintée de honte. Quel gaspillage! Quarante-cinq petites minutes à remplir, un an de travail, près de trois millions de dollars de fonds publics et on nous a servi ça.

Parce qu’il est le capitaine du navire, une bonne part de la responsabilité de ce ratage incombe au metteur en scène Denis Bouchard. On est en droit de se demander pourquoi la Société du 400e lui a confié la direction artistique de ce spectacle, certes rodé techniquement, mais au contenu faible et bâclé? À la décharge du maître d’oeuvre, comment les patrons du 400e ont-ils pu donner le feu vert à une proposition artistique aussi pitoyable?



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