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Désert Rebelle IV

2005/07/22 @ 15:09

http://www.rfimusique.com/siteFr/article/article_15669.asp

Québec, le 20/07/2005 - La 28e édition du festival d’été de Québec vient de s’achever avec la présentation d’une nouvelle aventure musicale. Désert Rebelle, la rencontre de touaregs du Niger avec des membres de Tryo, Gnawa Diffusion et Mano Solo auxquels se sont joints, lors de l’enregistrement d’un album à paraître à la rentrée, Imothep d’IAM et Sally Nyolo. Présentation d’une musique mêlant blues du désert, rythme gnawa et chanson française.

En quittant la Bretagne pour s’envoler vers Québec, Guizmo a ressenti un trac de débutant. Lui qui sillonne les scènes de l’Hexagone avec ses trois complices de Tryo depuis dix ans, venait présenter au public québécois les fruits d’un travail entrepris en mars sur les dunes du Ténéré avec Amazigh Kateb, leader de Gnawa Diffusion, et Abdallah Ag Oumbadougou, guitariste emblématique de la rébellion touareg au Niger, ami de longue date du groupe Tinariwen. Désert Rebelle se veut la première réalisation d’une collection de CDs et DVDs où des artistes reconnus du Nord partent à la rencontre d’artistes du Sud pour des créations musicales, sur le modèle du commerce équitable. Un concept de culture équitable, une manière de partager les profits avec les artistes du Sud, en reversant 6% des ventes d’albums pour financer à cette occasion l’école de musique d’Abdallah à Agadès.

Pour Guizmo, ce séjour à Québec était un retour à la genèse du projet : “J’ai rencontré Farid Merabet, un des producteurs, ici l’an passé qui accompagnait les Béruriers Noirs. Comme j’ai toujours été un grand fan des Bérus, j’en avais profité un peu pour les squatter. Il m’a alors parlé de son idée de provoquer des rencontres artistiques au Niger et m’a demandé si j’aurais un peu de temps l’année suivante pour participer au projet. Comme nous faisions une pause avec Tryo, c’est arrivé au bon moment. Je savais qu’Amazigh viendrait. On s’était croisés plusieurs fois lors de festivals et l’idée de se rencontrer là-bas était excitante. Je suis allé dans le Ténéré comme si je partais en vacances, mais je ne suis pas arrivé les mains vides, j’avais préparé quelques compos. J’étais comme un stagiaire avec Abdallah et Amazigh, et je me suis pris une super gifle”. Amazigh le Berbère était lui moins déphasé que Guizmo le Breton d’adoption : “J’avais l’impression d’être chez moi et en même temps de découvrir mon univers. C’était vraiment violent et j’ai dû mettre deux mois à revenir du Niger. Ce qui m’a vraiment touché, c’est de voir comment le langage du coeur et de la musique dépasse la géographie. En tant qu’Algérien, je peux avoir des affinités avec les Touaregs parce que j’ai des origines berbères. Mais ça me fait triper de voir quelqu’un comme Guizmo avoir un fond commun avec nous. C’est la magie de la musique. Et ce blues du désert rassemble la musique gnawa, le reggae, le rock. Tout ce qui émane aujourd’hui du monde musical à un rapport avec cette région-là”.

Après dix jours de travail dans le désert, puis l’enregistrement d’un album dans le studio de Guizmo en Bretagne, l’étape de Québec était la première escale dans la courte existence de Désert Rebelle. Deux mois après cette première rencontre, Jean Beauchesne, le programmateur du festival d’été de Québec, prenait le pari de les programmer sans jamais les avoir écoutés ni vus jouer sur scène. Rien que le concept et le casting ont convaincu Beauchesne de l’intérêt du projet. Sur la scène Métro de la place d’Youville, Abdallah n’en revenait pas de faire ce premier spectacle sur le continent américain. Face aux buildings situés devant la scène, il se retrouvait bien loin des dunes du Ténéré, entouré par Amazigh, Guizmo, Daniel Jamet, le guitariste de la Mano Negra désormais avec Mano Solo et une dizaine d’artistes venus d’horizons divers. Autant dire que le premier des deux spectacles était une répétition publique, les musiciens ne s’étant jamais retrouvés dans les conditions du live et n’ayant jamais joué ensemble l’intégralité des morceaux. Néanmoins, ce premier tour de chauffe laissa promettre de réelles qualités qui se confirmèrent le lendemain soir.

Après le set impeccable de Gnawa Diffusion, Abdallah monta sur scène face à une place pleine à craquer en ce samedi soir tropical. Brigitte, une jeune Québécoise qui avait vu en début de semaine les Tinariwen au même endroit, n’en revenait pas du groove de ce groupe venu de nulle part : “Avec Tinariwen, on était parti pour une ballade chaloupée à dos de chameau au son du blues du désert. Mais avec ces Déserts Rebelles-là, on part parfois au galop. Le son de la guitare rock de Daniel Jamet répond incroyablement à celle d’Abdallah. Et Guizmo nous fait bien rire avec ses chansonnettes joliment tournées, comme 70 litres. Quant à Amazigh et ses copains gnawas qui l’ont rejoint sur scène, ils apportent vraiment une touche arabe très sympa”.

En une heure trente d’un set impeccable, les Déserts Rebelles ont montré ce soir-là que le blues du Ténéré pouvait également avoir des colorations rock, gnawa, reggae. Un nouvel espéranto ne serait-il pas en train de naître, comme l’affirme Amazigh ?


écrit par s dans Musique | rétrolien | signet del.icio.us | imprimer

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